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Alleluiah mes soeurs, mes frères
et les autres! Bénissons le ciel
pour nous permettre de vivre à une
époque où une fenêtre
s'est entrouverte sur la liberté
de parler du sexe, de le montrer, de le
pratiquer sans honte et sans gène,
sans danger d'être pourchassé,
condamné, détruit par une
société fondée sur
le refoulement, la frustration de ses sujets.
Savez-vous pourquoi il est quasiment impossible
de rencontrer dans l'histoire de l'humanité
un pouvoir qu'il soit politique, religieux
ou économique, qui ne s'occupe pas
en priorité de maintenir les gens
dans un état de frustration, de culpabilité,
d' ignorance vis a vis de la réalité
sexuelle?
Pourquoi un désir aussi naturel,
aussi permanent et partagé par la
quasi totalité des individus, comme
peuvent l'être la soif et la faim,
se retrouve réprimé, marqué
du sceau de l'infamie, considéré
comme une perversion, une chose sale et
impure?
Parce que le Pouvoir ne peut s'exercer
que sur des individus frustrés, insatisfaits,
désespérés, condamnés
à rechercher la satisfaction dans
d'autres domaines, comme la consommation,
le fanatisme religieux, ou encore la projection
sentimentale sur des imbéciles médiatisés.
C'est à dire condamnés à
espérer le plaisir ailleurs que là
où il réside vraiment.
C'est à dire encore, frustrés
au point de devoir rechercher l'extase par
d'autres moyens que ceux dont la nature
nous a pourvus.
C'est à dire, enfin, réduits
à conserver dans une honte secrète
nos désirs, nos fantasmes, le besoin
de voir et de savoir ce qui devrait l'être
sur cet aspect de notre existence qui nous
intrigue, de l'enfance jusqu'au au moment
de notre mort.
Plus je baise, moins je ressens le besoin
de rechercher la satisfaction dans la consommation,
les compensations à la frustration
perdent de leur intérêt.
Plus je jouis, moins j'ai besoin de Dieu,
du Diable et de ses Seins.
Plus je vois d'images du sexe, plus j'en
éprouve un plaisir simple et naturel,
plus je me libère des traumatismes
et de la culpabilité imbécile
qui me maintenaient sous la coupe des divers
pouvoirs.
Oui, mes chers semblables: la pornographie
est l'ultime domaine qui échappe
encore à la société
des marchands, elle est le dernier rempart
contre la reprise en mains de nos conscience
par les religions, les dogmatismes politiques:
Elle n'est pas cotée en bourse,
et ne le sera jamais dans un système
autoritaire,
dans les sociétés qui sont
fondées sur l'insatisfaction de leurs
membres, sur leur état de frustration
qui les maintient dans un état de
manque misérable, ce qui permet de
les manipuler, de les conduire à
acheter toutes sortes d'objets inutiles
et à adorer des idoles terrestres
ou célestes dans l'espoir d'atteindre
un état minimal d'extase.
La pornographie est et a toujours été
révolutionnaire, la libération
sexuelle a de tout temps été
associée aux mouvements de libération
des corps et des esprits
pour être aussi vite oubliée
et rejetée dès qu'un pouvoir
est en place.
Parce que les dirigeants de tous poils,
politiques, religieux ou économiques,
ont absolument besoin d'une masse de mal
baisés, d'une population en manque
de satisfactions, de gens que l'on peut
mener à sacrifier leur existence
au moyen de carottes diverses.
Nous savons quoi faire avec les carottes!
Baisons, mes frères, mes soeurs,
admirons la beauté plastique des
positions sexuelles, laissons nous aller
à la poésie tragique des visages
déformés par le plaisir, par
la surprise, par l'envie d'encore plus,
écoutons les râles, les soupirs
et les rugissements de l'amour!
Pourquoi nous prive t-on du droit d'admirer
le frémissement d'une pointe de sein
sous la caresse, de quel droit nous interdit-on
de contempler avec délice la beauté
d'une pénétration, le tendre
et sauvage abandon qui se lit sur les visages
des amants?
Qui donc a décrété
qu'il était plus sain de voir des
gens se massacrer, des gloutons s'empiffrer
ou quelques privilégiés se
donner en spectacle leur opulence dans un
monde de misère, plutôt que
le formidable spectacle d'une fellation
pratiquée par une belle jeune personne
aussi experte qu'appliquée à
sa tâche?
Le temps est là. La fragile liberté
dont nous disposons actuellement n'aura
qu'un temps, car bientôt la fenêtre
de permissivité qui s'est entrouverte
se refermera avec toujours plus de hargne.
Parce qu'aucun pouvoir n'acceptera jamais
que les individus s'éclatent, jouissent
et puissent établir entre eux des
relations libérées des tabous
et des hontes du pêché qu'ils
ont inventé.
Profitons-en ensemble... tant que cela
reste possible. Avant que l'on ne vienne
de nouveau nous enfermer dans le silence
de la frustration, l'indigence sexuelle
et le besoin refoulé de l'extase
qui génére le fanatisme religieux
et nourrit la connerie humaine.
Vive la liberté, vive le sexe, que
perdurent l'art et la beauté: vive
donc eroXart! |